Du côté de la scène

On serait un peu chez Otto Dix, mais aujourd’hui

On serait dans une chapelle et dans un théâtre en même temps 

Il y aurait une femme seule, très, qui prendrait la parole en disant, chantant, susurrant, éructant des mots  d’amour et de colère

Il y aurait une robe de mariée et pas de mariée, juste parce que c’est poétique, comme pour rappeler un paradis perdu, un rêve de pureté

Il y aurait des talons hauts comme dans les bordels d’autrefois, vertigineux comme au cabaret

Il y aurait une chaise pour poser son désarroi et son impuissance

Il y aurait un prie-dieu pour pondre une prière

Il y aurait un micro sur pied, comme au music-hall

Il y aurait un musicien, bien sûr. Mais pas d’accordéon des bals musettes, plutôt un clavier aux sons étranges et distordus, une saturation, une amplification

Il y aurait des rires et des larmes pour traverser la crise ensemble, petit peuple, aujourd’hui comme hier, et toujours